Galerie Virtuelle

Arnaud CHOCHON

Résidence

Lise LACOMBE

résidence

Arno BRIGNON

Résidence

Julien COQUENTIN

regards croisés avec le centre d'art et de la photographie de Lectoure

Adrien NOWAK

Zoom photo

En 2020, la programmation arts visuels du Couserans explore la notion « d’habiter ». Cette thématique résonne dans le cadre des différents projets d’exposition, de résidence, d’action culturelle ou d’éducation à l’image portés par le Pôle Culture de la Communautés de Communes Couserans-Pyrénées, l’Agence de Développement de l’Economie Culturelle en Couserans (ADECC) et Le Bus—espace culturel.

Le thème est à entendre au sens large, autant dans le rapport pratique que nous entretenons au fait d’habiter, que dans un sens plus existentiel, symbolique et politique : comment les êtres humains habitent-ils le monde, puisque qu’habiter est la manière dont nous « sommes » au monde par essence ? Nous résidons dans plusieurs lieux et à différentes échelles, à commencer par notre corps, notre territoire intime, notre maison, notre pays…

Habiter c’est donc résider, bâtir et construire, mais c’est aussi circuler.

Comment les êtres humains pris dans l’actuel mouvement des migrations, du nomadisme ou (bientôt) du voyage interplanétaire, cultivent-ils aussi un certain « mode » d’être sur Terre ? Que signifie aussi habiter la Terre, dans un rapport avec notre environnement et la nécessaire pensée écologique ?

Et dans un vif lien à l’actualité, le confinement nous a confrontés plus que jamais au sens que nous donnons à notre lieu de vie, au regard de la dématérialisation engendrée par le grand réseau internet.

Vous pourrez découvrir à l’automne les travaux des jeunes photographes ariégeois-es Darya Moskalovia à la médiathèque de Lorp-Sentaraille, David Barthélémy à La Bastide de Sérou, Camille Parran à Massat, Ida et Christine Jakobs à Saint-Girons. Le Centre aquatique du Couserans, qui participe cette année pour la première fois à l’opération, accueillera également Laura Puech. Dès cet été, le parcours d’expositions débute dans deux médiathèques :

Marianne Thazet, Désespoir heureux

du 29 août au 10 octobre à la médiathèque de Fabas

Photographe de l’intime, Marianne Thazet questionne notre attention sur notre environnement par un regard décalé, dans le courant de la photo documentaire. Elle raconte en suggérant, en photographiant l’insignifiant, en sublimant le détail. Sa série Désespoir heureux est l’histoire d’une jeunesse désabusée. « Témoins d’un monde à la dérive, ils refusent d’y prendre part. Pour eux les campagnes sont un refuge, y revenir est nécessaire. Comme une dernière issue. Ils ont tout quitté pour revenir à leurs racines. La terre est leur mère et ils ont besoin du réconfort de ses bras. Les arbres sont des remparts au tumulte de ce monde. Ils sont les bâtisseurs d’une utopie nouvelle. Celle d’un avenir sans espoir mais heureux. Celle d’un monde où tout pourrait continuer comme avant, ou le futur n’existe pas, ou le présent se vit simplement. »

Adrien Nowak, Léa, une urgence à vivre

du 26 août au 10 octobre à la médiathèque de Seix

« Nous habitons chaque lieu à notre manière. Il y a les lieux que nous choisissons, notre maison, et il y a les lieux que les aléas de la vie nous imposent. Pour Léa, l’hôpital est comme une maison secondaire depuis qu’on lui a diagnostiqué une maladie rare à l’âge de 9 ans. Elle y séjourne régulièrement, plus souvent qu’elle ne le souhaiterait, mais a fini par parvenir à s’y sentir comme chez elle. Si l’hôpital est devenu un lieu de vie comme un autre pour Léa, c’est bien parce que sa maladie, elle, habite son corps en permanence.

Pour autant, cette série cherche à mettre en évidence ce qui habite avant tout cette jeune femme : la joie de vivre, la bonne humeur, la gaieté dans cet environnement repoussant pour beaucoup de monde, et qui peut être multicolore quand nous le regardons sous le bon angle. »

Exposition au Château de Seix du 4 juillet au 30 août

Arnaud Chochon a vécu au château 15 jours de résidence d’expérimentation artistique au printemps 2019. Il a décidé de scinder ce temps imparti en deux séjours : son regard photographique s’est d’abord porté sur l’environnement couserannais et plus particulièrement sur l’urbanisme et l’emploi du béton comme matériau de construction. Puis, un mois plus tard, après avoir lu des études démographiques sur ce territoire, il est revenu rencontrer les néo-arrivants d’hier et d’aujourd’hui. De ce temps de travail et de réflexion, il a tiré deux séries originales, à la scénographie travaillée, exposées tout l’été au 2ème étage du château.

Laisse béton

« Dans le Couserans, le « vert » est omniprésent. Quand je suis arrivé en avril la végétation explosait après l’hiver. C’est justement parce que ce territoire est sans doute l’une des régions les moins bétonnées de France que je mets en lumière dans ce travail photographique l’utilisation massive de ce matériau de construction depuis les années 50. Le contraste est plus important ici que dans une région  urbanisée.

Alors que nous avons hérité de maisons, églises, murets… en matériaux bruts, nobles et locaux, qui même après destruction peuvent rejoindre facilement le milieu naturel sans devenir un déchet, ce travail est une réflexion sur la trace du béton laissée aux générations futures. Sera-t-il autant utilisé ces prochaines décennies alors que sa fabrication en fait le matériau le plus émetteur de CO2, que la pénurie de sable en fait une ressource stratégique, rare et objet d’un vaste trafic, que les extractions maritimes menacent les côtes et les écosystèmes ? Mon travail se décline sous deux formes : une série photographique présentée en exposition et un objet multimédia où l’on peut découvrir  le béton disparaître et la végétation reprendre place. »

« Les fées de la vallée ont volé mon âme »

« Territoire montagneux, sans accès direct à l’Espagne et non desservi directement par l’autoroute et le train, le Couserans est relativement enclavé par rapport à ses territoires voisins du Comminges et du Pays de Foix. Pendant longtemps, il a été confronté à un exode rural marqué. Cependant entre 1999 et 2010, l’attractivité y est forte. Le retournement de tendance est lié exclusivement à l’apport migratoire qui compense désormais largement un déficit naturel persistant. Les nouveaux arrivants contribuent à l’accroissement de la population active et rajeunissent le Couserans.

Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils arrivés sur ce territoire ? S’investissent-ils dans la vie locale ? Ont-ils été bien accueillis ? Vont-ils impacter le mode de pensée et de vivre des générations futures couserannaises ? J’invite à trouver quelques réponses dans une série de portraits photographiques mais également dans un document sonore où nouveaux arrivants et natifs nous donnent leurs sentiments et leurs points de vue. Une attraction forte et irrationnelle de ce territoire, difficilement expliquée revient dans les paroles recueillies. Comme dirait Francis, avec humour dans son témoignage, mais reflétant bien ce fort appel pour tous, « Les fées de la vallée ont volé mon âme ».

En 2020 la Communauté de Communes Couserans-Pyrénées et Le Bus – espace culturel mobile souhaitent élargir l’horizon du paysage culturel couserannais et initient un partenariat avec le Centre d’Art et de  Photographie de Lectoure, dans le Gers.

L’esprit d’aventure artistique et culturelle est au cœur de ce projet qui permet d’enrichir la programmation Arts visuels en Couserans et de la faire rayonner à l’échelle régionale. Elle donne aussi l’occasion à deux territoires ruraux de partager leurs problématiques, de mettre en commun ressources et compétences, d’expérimenter aussi leur manière assez proche de travailler avec un territoire dans sa dimension à la fois géographique, sociale et humaine.

Dans le cadre de cet échange, le Centre d’Art et de Photographie de Lectoure a carte blanche pour la programmation d’un.e artiste qui est accueilli.e alternativement dans le Gers et dans le Couserans.

L’artiste bénéficie du soutien complémentaire des deux territoires. Il/elle est ainsi accompagné.e sur un plus long terme par une diversité de regards, ses projets circulent et créent du lien.

Cette année, sur une proposition du Centre d’Art et de la Photographie de Lectoure, l’artiste Nia Diedla est conviée à l’automne 2020 pour un temps de résidence dans le Couserans et proposera l’année suivante une exposition au Château de Seix. Au-delà de cet accueil, le Couserans partagera ses compétences à travers la structure de médiation Le Bus – espace culturel mobile, invité à Lectoure pour assurer un dispositif de médiation et d’éducation à l’image dans plusieurs établissements scolaires.

La thématique 2020 : « Habiter : résider, circuler », fait un clin d’œil à cette nouvelle étape du développement de la programmation du Zoom Photo en Couserans, entre ancrage et rayonnement.

Du 4 juillet au 30 août, le Centre d’art et de photographie de Lectoure propose au Château de Seix « Saisons noires », une exposition du photographe aveyronnais Julien Coquentin, invité de l’été photographique de Lectoure en 2019.

« Mes saisons noires sont celles de l’enfance, saisons plongées dans l’obscurité, que le temps chaque jour recouvre davantage. Le territoire photographié est une campagne française où j’ai grandi, et dont les paysages […] dissimulent ma mémoire, toutes les odeurs et les goûts qui progressivement m’ont constitué, les sensations, la vie éprouvée, saison après saison. »
www.centre-photo-lectoure.fr

En résidence d’expérimentation au château de Seix en 2020

Je suis déjà venu dans le Couserans. Une chose m’avait frappée, ici les routes ont une fin, c’était alors sans savoir alors à quel point la mienne allait alors s’ouvrir… La résidence de territoire en Couserans, a été un déclencheur qui a nourri ma création jusqu’à aujourd’hui, qui a créé un lien entre mon passé d’éducateur et mon présent de photographe. Suite à « Based on a true Story », j’ai continué à explorer l’idée d’une création participative, continué aussi mes expérimentations argentiques, toujours plus archaïque. Ces pistes m’ont mené avec plaisir à Aussillon, à Lectoure, à Valparaiso, à Condom… avec comme conclusion l’ouvrage « La Formation des vagues » tout juste publié. Cette année, j’ai de nouveau été invité à Carcassonne et à Toulouse pour développer des projets similaires et j’ai senti, que j’étais arrivé au bout de quelque chose… finalement cette route aussi avait peut-être une fin. Je répétai ma démarche et ce qui faisait sens pour moi dans un désir de rencontre, dans la création de lien, ne devenait plus qu’un geste répété ici et là. Il me faut retrouver un souffle nouveau, réfléchir à une continuité ou à une rupture à cette démarche pour retrouver du sens à mon travail. Avec « Based on a true story » l’envie d’ajouter des mots à mon travail est apparue, une envie qui m’accompagne depuis. J’essaie d’écrire autour des photos de la série « Joséphine », autour d’un nouveau projet aux Usa, et dans ce livre « la formation des vagues » mais le temps me manque, je suis happé par tous les projets chronophages, par le quotidien aussi. J’ai besoin de repartir, de me concentrer à plein temps sur ma création. D’essayer autre chose ou peut être de revenir aux fondamentaux, je ne sais plus. A chaque fois que j’y pense, mes pensées vont vers le Couserans. C’est pour moi, un territoire qui résonne avec ce temps nécessaire de la pensée.  J’y suis déjà revenu depuis ma résidence pour tenter de nouvelles choses, comme ce Post Geographic Project avec Hélios Quinquis. Les mots et les photos sont certitude et incertitude tout comme les paysages et les rencontres des chemins à parcourir. J’ai besoin de venir vivre ici, d’explorer ses routes et les miennes, puisque la fin de celles-ci sont autant de point de départ.

Partagez ce contenu