David BARTHELEMY

Il ne s’agit pas de la demeure dans la série « De Paris » de David Barthélémy, mais de l’extérieur, des espaces communs et de la manière dont ils peuvent venir s’ancrer dans les habitudes, jusqu’à s’engouffrer dans les corps.

Quand l’en dehors vient grignoter l’en dedans, est-ce encore l’homme qui habite un lieu, ou le lieu qui hante l’homme, allant parfois jusqu’à le façonner ?

Ainsi, le pas qui se mue au contact des sols. Marcher dans l’espace urbain, c’est en prendre la mesure. C’est faire sien l’espace que l’on arpente. Habiter tout entier cet en-dehors. L’assimiler.

Ainsi, la perméabilité révélée entre l’impassible architecture de la Défense et l’impalpable monde numérique. Et la consultation du smartphone pourrait bien être une posture, une façon d’habiter le monde, d’y être sans y être. Détaché de tout.

Franck, quant à lui, fait face au photographe. Il n’est pas de passage, il habite durablement, porte un prénom et s’expose totalement. Et le lieu semble s’effacer. Ainsi, habiter pleinement l’instant pourrait bien faire oublier la primauté des lieux.

On a coutume de dire qu’habiter, c’est investir un lieu en délimitant un espace. Espace que l’on s’approprie et qui nous apprivoise. Ne dit-on pas ma chambre, ma maison, ma rue, mon quartier, ma ville ? Au-delà, ça devient déjà plus incertain. L’au-delà, on le fait moins aisément sien.

Ainsi, les lieux familiers que l’on habite et les autres que l’on visite, parfois par le prisme d’un photographe éclairant le commun pour mieux révéler l’individu.

Émilie Rousseau


Dans les médiathèques du Réseau de Lecture Publique intercommunal

Vous pourrez découvrir à l’automne les travaux de David Barthélémy à La Bastide de Sérou.

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